Approche écosystémique des pêches

Représentants : Nicolas Bez (IRD) et Olivier Maury (IRD)

CONTEXTE

Les écosystèmes marins connaissent des changements majeurs (climat, surexploitation, érosion de la biodiversité, pollutions), dans un contexte d’accroissement de la demande globale en nourriture et de mondialisation économique. L’ampleur des changements et la complexité des systèmes sont tels que ceux-ci doivent être étudiés, modélisés et prédits de manière intégrée. L’exploitation des ressources marines vivantes (e.g. la pêche) s’inscrit depuis quelques années dans le cadre d’une approche écosystémique. Cette approche vise à assurer une activité humaine tout en conservant l’intégrité et la résilience de l’écosystème et de ses services. La productivité des ressources marines dépendant de l’état de l’écosystème, une telle approche nécessite une vision intégrative qui considère la dynamique des espèces - ciblées ou non par la pêche - , leurs interactions trophiques, les effets de l’environnement physique, les forçages anthropiques (directs et indirects) ainsi que la dynamique des usages, leurs déterminants économiques et leur gouvernance. Suivant une logique de conciliation de l’exploitation et de la conservation, une telle approche intégrée porte de nombreux défis scientifiques que ce thème se propose de relever. Ces recherches seront développées dans le contexte de plusieurs instances internationales, telles que l’IPBES (Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services) et les ORGPs (Organisations Régionales de Gestion des Pêches).

OBJECTIFS

  • Caractériser et comprendre les stratégies des pêcheurs (individuelles et collectives).
  • Observer et quantifier les impacts directs et indirects des usages, e.g. captures d’espèces cibles et accessoires, effets sur les habitats et le fonctionnement de l’écosystème.
  • Comprendre et analyser les effets combinés des facteurs anthropiques et naturels.
  • Intégrer (synthétiser) les connaissances biologiques, écologiques, socio-économiques et juridiques pour établir des indicateurs écosystémiques, évaluer l’efficacité d’outils opérationnels pour la gestion des activités humaines (e.g. aires marines protégées) et la conservation des écosystèmes marins, en particulier à des fins d’expertise.
  • Développer des scénarios d’évolution des usages (incluant des scénarios de gouvernance) et de leurs conséquences sur la biodiversité marine.

OBJETS ET ZONES D’ETUDE PRINCIPAUX

  • Méditerranée Nord Occidentale, upwellings du Benguela et d’Humboldt et zones tropicales des océans Indien, Atlantique et Pacifique, eaux sous juridiction et au delà.
  • Navires, flottilles et pêcheries démersales, de petits et grands pélagiques océaniques.
  • Systèmes de gouvernance et de gestion.

APPROCHES

  • Données : Données de pêches commerciales (captures, efforts, VMS, etc.), campagnes scientifiques.
  • Modélisation : Analyses statistiques des données spatiales et/ou temporelles ; analyses de systèmes/instruments de gouvernance ; modèles (semi-)Markoviens ; Modèles dynamiques d’évaluation de stocks et bioéconomiques ; modélisation « End to End » ; Modélisation des réseaux appliqués aux filières ; Elaboration d’indicateurs multidimensionnels.


LES PROJETS




MARBEC MARine Biodiversity, Exploitation and Conservation, est une unité de recherche qui regroupe des personnels de 4 organismes : l’IRD, l’Ifremer, l’UM et le CNRS. Son objectif est l’étude de la biodiversité marine des écosystèmes lagunaires, côtiers et hauturiers à différents niveaux d’intégration, depuis les aspects moléculaires, individuels, populationnels et communautaires, et des usages de cette biodiversité par l’Homme. Nous rejoindre