La topographie de La Pérouse revisitée

Publié le : , par Marsac Francis

Les opérations autour du mont sous-marin La Pérouse nécessitaient un levé topographique très précis des lieux, afin de positionner au mieux les stations, et éviter que les instruments déployés, très couteux, ne heurtent le fond et soient endommagés, voire perdus.
La première journée de travail sur site, le samedi 17 septembre, a donc consisté à réaliser un carroyage à fine échelle du mont et de ses alentours sur la base de la topographie existante (ETOPO1 ou GEBCO). La carte marine de la zone signale un sommet à 52 m de la surface. Les premiers transects nous ont montré que le mont a une forme beaucoup moins régulière que celle représentée par les bases de données topographiques ou les cartes marines, et surtout que les points les plus élevés sont mal positionnés. La topographie ainsi revisitée par l’ANTEA a été enrichie chaque jour par les passages successifs sur le mont et dans les secteurs alentours. Au 14 septembre, la carte bathymétrique de la zone comportait plus de 71 000 observations. Le point le plus élevé de la Pérouse a été localisé à 58.1 m sous la surface.



Comment ces données de bathymétrie sont-elles collectées et gérées à bord de l’ANTEA ?
Le système d’acquisition des données sur l’ANTEA se fait de manière automatique. Toutes les informations qui arrivent du réseau (météo, navigation, données des sondeurs acoustiques) sont stockées dans un fichier constamment mis à jour. Les données sont récupérées automatiquement toutes les 15 mn sur le réseau temps réel et traité par un PC sous Linux qui va extraire et mettre en forme les informations qui sont utilisées par les scientifiques, par exemple les cartes de bathymétrie en 2D ou 3D. L’application qui permet cette sélection des données sur le réseau a été réalisée par Jacques Grelet de l’US IMAGO (Brest). Les données utilisées pour le levé topographique sont produites par un sondeur acoustique à 12 KhZ de fréquence.
Nous montrons ici la cartographie du mont tirée de la base GEBCO et celle réalisée par l’ANTEA. Les différences sont flagrantes, tant dans la forme générale (en croissant), la position (légèrement décalée vers le SW par GEBCO) et l’immersion des sommets. Dans sa plus grande longueur, la plateforme mesure 13 km, pour 2.7 km de large. Le long des accores, la pente peut atteindre 800%, soit des parois avec des angles de plus de 60°. Une plongée vertigineuse vers les abysses…

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Crédit photo : Francis MARSAC
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Crédit photo : Francis MARSAC

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MARBEC MARine Biodiversity, Exploitation and Conservation, est une unité de recherche qui regroupe des personnels de 4 organismes : l’IRD, l’Ifremer, l’UM et le CNRS. Son objectif est l’étude de la biodiversité marine des écosystèmes lagunaires, côtiers et hauturiers à différents niveaux d’intégration, depuis les aspects moléculaires, individuels, populationnels et communautaires, et des usages de cette biodiversité par l’Homme. Nous rejoindre