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  • 18 mètres sous les mers : fin de la campagne WALTERS SHOAL

    Publié le : , par Ternon Jean-François

    (23 avril – 18 mai 2017)

    « Dix-huit mètres sous les mers »… certes, le titre fait moins rêver que celui du fameux roman de Jules Verne. Et pourtant... se trouver à 700 km du sud de Madagascar et à 1000km des plus proches côtes de l’Afrique du Sud et n’avoir que 18m d’eau sous la coque, voilà qui n’est pas banal !

    C’est l’aventure que viennent de vivre une trentaine de scientifiques sur le Marion Dufresne, le navire des TAAF [1], géré dans ses activités scientifiques par l’IPEV [2], dans le cadre d’une mission conjointe menée par le MNHN [3], l’IRD [4] et leurs partenaires, sur le Banc Walters (ou Walters Shoal), mont sous-marin découvert en 1962, situé à l’extrême sud de la Ride Sud Madagascar (33°30’S / 44°E).

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    Le Marion Dufresne au port de la Rivière des Galets, à La Réunion, le 22 avril 2017 - © Jean-François Ternon


    Aventure peu commune également que d’avoir à bord d’un même navire deux communautés de chercheurs, les uns à la quête de nouveaux organismes « benthiques » et estimant ainsi la biodiversité des espèces vivant sur cette montagne sous-marine, les autres s’intéressant aux communautés pélagiques, à la recherche d’indices témoignant de processus caractéristiques des écosystèmes associés à des monts sous-marins. Au total, pas moins de sept nationalités étaient représentées à bord (Afrique du Sud, France, Italie, Madagascar, Suède, Suisse, Taiwan).

    Sous la houlette de Philippe Bouchet, professeur au MNHN, spécialiste des mollusques et habitué des grandes explorations naturalistes aux quatre coins de la planète, l’équipe « benthos » conduite par Laure Corbari (MNHN), l’équipe « plongeurs » dirigée par Line Le Gall (MNHN) et l’équipe « pélagique » sous la responsabilité de Jean-François Ternon (IRD) ont donc partagé 16 jours du Marion Dufresne autour du Walters Shoal, sous l’œil des caméras et sous la plume de l’équipe « communication » de l’UICN [5] qui coordonne ce projet de recherche financé par le FFEM [6]. L’objectif du programme « Conservation et exploitation durable des écosystèmes de monts sous-marins et sources hydrothermales du sud ouest de l’Océan Indien au-delà des zones de juridiction nationale » : aider les spécialistes du droit de la mer à avancer des éléments pertinents lors de négociations internationales pour des mesures de gestion et de conservation d’espaces marins de haute mer situés en dehors des zones gérées par les états riverains. La présence à bord d’une spécialiste du droit de la mer (Florence Galletti, IRD) témoignait du lien étroit entre recherche naturaliste et gestion d’un patrimoine commun à l’humanité.

    Cette campagne, menée depuis l’Ile de la Réunion et qui s’est achevée 25 jours plus tard à Durban en Afrique du Sud a donc été en soi une expérience hors du commun, riche en enseignements, dont le déroulement est rapporté dans les différents « post » du blog hébergé à l’adresse https://science4highseas.wixsite.com/waltersshoal/blog-fr. L’heure est maintenant à la valorisation de ces différents acquis du projet avec l’objectif affiché d’enrichir la réflexion et les négociations à venir pour la protection de ces écosystèmes si particuliers.

  • « Les requins de la Mer de Corail »

    Publié le :

    23 mai 2017, 20h00-22h00, Aquarium Mare Nostrum - Montpellier

    Pendant plus de 4 ans les équipes de l’Université de Montpellier et de l’IRD ont sillonné la Mer de Corail, dans le cadre des projets Pristine et Apex, à la recherche des récifs les plus isolés de l’homme, et des derniers refuges des requins de Nouvelle Calédonie.
    Le Mardi 23 Mai à 20h, L’association AILERONS, et l’Aquarium Mare Nostrum de Montpellier Méditerranée Métropole vous invitent à découvrir les premiers résultats de ces expéditions en présence de David Mouillot, coresponsable scientifique de ces missions.

    En savoir plus...

  • Abraços 2 : Le bateau immobile

    Publié le : , par Bertrand Sophie

    Pendant que le chemin de l’Antea dessine une fleur autour de Fernando de Noronha, une équipe basée dans l’archipel tente de comprendre comment les oiseaux marins et les pêcheurs ‘la butinent’. L’équipe de ce ‘bateau immobile’ se compose de sept écologues, ornithologues et ingénieurs de pêches de l’IRD (UMR Marbec), du CNRS (CEBC Chizé), de l’Université fédérale rurale de Pernambuco (UFRPE) et de l’Université fédérale de Rio Grande do Sul (FURG).

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    Equipe du ‘bateau immobile’ en visite sur l’Antea lors de son passage dans l’archipel. De gauche à droite : A. Bertrand (IRD, chef de mission de la campagne Abraços), G. Tavares (FUG), C. Barbraud (CNRS), S. Bertrand (IRD), K. Delord (CNRS), J. Gaiotto (FURG) - © Sophie Bertrand


    Avril, c’est un mois de reproduction pour les fous masqués (Sula dactylatra). Leurs nids se trouvent sur des îlots secondaires de l’archipel, notamment Meio et Chapeu. Les chercheurs de l’équipe bénéficient du soutien des moyens à la mer des pompiers marins et de l’ONG Tamar pour s’y rendre.

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    Ilot de Meio - © Sophie Bertrand


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    Ilot de Meio, débarquement des scientifiques - © Sophie Bertrand

    Les fous masqués nichent au sol, pondent en général deux œufs, mais n’élèvent qu’un seul poussin étant données les mœurs fratricides de l’espèce. Durant leur premier mois de vie, les poussins sont très exposés aux prédateurs (rats, crabes terrestres, frégates, etc.), à la forte chaleur et aux averses de pluie aussi fréquentes qu’intenses en cette saison (les chercheurs aussi d’ailleurs !).

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    Ilot de Meio, colonie de fous masqués vue du ciel (photo par cerf-volant) - © Sophie Bertrand


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    Ilot de Chapeu, colonie de fous masqués - © Sophie Bertrand


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    Ilot de Chapeu - © Sophie Bertrand


    Les deux parents se relaient donc pour alterner présence au nid et voyages en mer. De leurs voyages en mer (à environ 30-70 km de l’archipel), ils rapportent essentiellement des poissons volants, espèces pour lesquelles très peu de connaissances sont disponibles sur l’abondance, la distribution, la saisonnalité.

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    Poisson volant régurgité par un fou masqué à son retour de mer - © Sophie Bertrand


    Les chercheurs du ’bateau immobile’ équipent les oiseaux adultes d’enregistreurs GPS, de plongée et d’accéléromètres afin de comprendre quelles sont les zones d’alimentation et les comportements en mer pendant cette période critique d’élevage des poussins.

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    Préparation des équipements à déployer : gps et accéléromètres combinés - © Sophie Bertrand


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    Pose d’un GPS sur les rectrices d’un fou masqué, ilot de Meio - © Sophie Bertrand


    En analysant conjointement ces informations aux données collectées par l’Antea, les chercheurs espèrent mieux comprendre comment la structuration de l’habitat marin conditionne le comportement des prédateurs supérieurs, et comment ces derniers s’orientent et se nourrissent dans ce qui paraît à première vue un grand désert bleu. Ces connaissances doivent alimenter par ailleurs une réflexion sur la pertinence de différents outils pour leur conservation.


    Parmi les prédateurs supérieurs de l’écosystème, on trouve aussi la pêcherie artisanale de l’archipel. Petite flottille (moins de 10 unités), petites embarcations, alimentant principalement les auberges ou ’pousadas’ de l’île. La pêche se pratique surtout à la ligne trainante avec de l’appât vif (la ’sardinha’ ou le ’garapao’ dont les bancs fréquentent les plages de l’île). Les prises se composent surtout de barracudas, mais aussi de quelques carangues, thons et lutjans. Deux membres de l’équipage du ’bateau immobile’ s’embarquent chaque jour afin de documenter les zones fréquentées, les pratiques de pêche et les captures. Ces informations seront cruciales pour imaginer les outils de gouvernance qui permettront de concilier au mieux exploitation responsable et conservation dans cet archipel où tout dépend de la mer.

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    © Sophie Bertrand


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MARBEC MARine Biodiversity, Exploitation and Conservation, est une unité de recherche qui regroupe des personnels de 4 organismes : l’IRD, l’Ifremer, l’UM et le CNRS. Son objectif est l’étude de la biodiversité marine des écosystèmes lagunaires, côtiers et hauturiers à différents niveaux d’intégration, depuis les aspects moléculaires, individuels, populationnels et communautaires, et des usages de cette biodiversité par l’Homme. Nous rejoindre